www.umalia.com Printemps / Été 2018 • Volume 3 • Numéro 1 English
Message de la rédactrice en chef : Avec les mégatendances mondiales et la turbulence actuelles, il est grand temps pour le secteur privé de s'impliquer
Photo : Umalia Lucie Bourgeois, Présidente-fondatrice d’Umalia.

William Barclay Peat, un très jeune comptable d'origine écossaise, a reconnu que «la raison d’être principale» d'une société est l'ancêtre de son «objectif principal» qu’est le profit. Reconnu pour son honnêteté, son intégrité et sa discrétion, Peat devint actionnaire au début de la vingtaine dans un petit cabinet de comptabilité londonien.

En 1891, à l'âge de 39 ans, il prit la direction de l'entreprise criblée de dettes. Au lieu de choisir la moins contraignante alternative, celle de la fermeture de cette entreprise afin de repartir sur de nouvelles bases, il appela tous les créanciers de la firme et promit de les rembourser si ces derniers lui accordaient suffisamment de temps.

Vu que l’entreprise bénéficiait d’une probe réputation, les créanciers l’ont cru. Ils lui accordèrent du temps. Il les remboursa et alla au-delà avec sa nomination à titre de comptable privé du roi Edward VII avant d'être fait chevalier en 1912.

Bien que son nom, Peat, soit inconnu du grand public, le milieu des affaires connaît, par contre, KPMG, une firme multinationale offrant des services de vérification, de fiscalité et de consultation visant à accroître la performance et la valeur. Peat représente le «P» de KPMG, qui compte 197 263 employés répartis dans 154 pays.

La leçon qui se dégage du succès commercial de William Barclay Peat est que la raison d’être sociale mène aux profits. Par exemple, aligner votre entreprise sur des valeurs sociales plus élevées aide à reconstruire des communautés dans le besoin, ce qui peut, en retour, contribuer à soutenir la viabilité à long terme de l’entreprise du point de vue de l'engagement des employés, du climat organisationnel, du soutien public et de la rentabilité.

L'internet a transformé le monde en un village numérique avec des opinions diffusées sur les médias sociaux qui parcourent le monde entier en quelques secondes, créant un impact énorme qui peut bâtir ou détruire la réputation des entreprises.

L'internet a transformé le monde en un village numérique avec des opinions diffusés sur les médias sociaux qui parcourent le monde entier en quelques secondes, créant un impact énorme qui peut bâtir ou détruire la réputation des entreprises. Il suffit de considérer l’exemple d’Evan Speigel, PDG de la société de messagerie sociale Snapchat, qui a perdu 1,3 milliard de dollars de sa valeur boursière (6%) le 22 février 2018, quelques heures après le tweet de la vedette de télé-réalité américaine, Kylie Jenner, qui affirmait qu'elle n'avait pas aimé la nouvelle mise en page de l'application, implémentée sans consulter ses utilisateurs.

En 2030, 50% de la population mondiale aura accès à Internet, impliquant déjà la nécessité pour les entreprises de développer une vision socialement responsable et de l'énoncer clairement en vue de se différencier de la concurrence. Les entreprises doivent être conscientes des mégatendances sociales, financières, environnementales et politiques en vue de comprendre leur impact potentiel sur elles et comment demeurer compétitives. À cet effet, KPMG a produit un rapport important en 2013 intitulé Future State 2030, qui identifie les neuf mégatendances qui influenceront l'économie mondiale et l'environnement physique au cours des prochaines décennies.

Les neuf mégatendances identifiées par KPMG :
1
Données démographiques - L’augmentation de l'espérance de vie et la baisse des taux de natalité augmentent la proportion de personnes âgées dans le monde.
2
L'ascension de l'individu - Les progrès réalisés dans le domaine de l'éducation, de la santé et de la technologie dans le monde ont donné plus de pouvoir que jamais auparavant aux individus, accroissant ainsi la demande de transparence et de prise de décision consensuelle.
3
Technologie habilitante - Les progrès technologiques testent les capacités des gouvernements à exploiter leurs avantages et à assurer une surveillance prudente. [La chronique du 21 février 2018 de Robert J. Samuelson, rédacteur en chef du Washington Post, a énuméré les cyberattaques et le piratage comme la plus grande menace pour l’économie américaine, selon le rapport annuel du Council of Economics de la Maison-Blanche. Les États-Unis subiraient 1 000 milliards de dollars de dommages résultant d'une attaque contre leur «infrastructure critique», comme son réseau électrique ou son système de paiement.]
4
Interdépendance économique - Une économie mondiale interconnectée exige que les conventions internationales soient renforcées afin d'optimiser les avantages économiques pour tous.
5
Dette publique - La dette publique élevée réduit la capacité des gouvernements à fournir les services publics nécessaires et à répondre aux grands défis sociaux, économiques et environnementaux.
6
Changement de pouvoir économique - Les économies émergentes sortent des millions de personnes de la pauvreté tout en exerçant plus d'influence sur l'économie mondiale et en rééquilibrant le pouvoir mondial. [La Chine et l'Inde devraient représenter 25% du PIB mondial d'ici à 2030 et 57% du PIB des pays en développement. Une étude réalisée en 2013 par l'Organisation internationale du travail montre que 90% de la population mondiale des jeunes vit dans les pays en développement. - Éditeur de Stimulus]
7
Changement climatique - Il est difficile pour les gouvernements de mettre en œuvre la bonne combinaison de politiques d'adaptation et d'atténuation pour faire face à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre qui ont un impact négatif sur l'environnement.
8
Pression sur les ressources - La gestion durable des ressources est devenue l'objet des programmes gouvernementaux en raison des pressions combinées de la croissance démographique et économique, ainsi que du changement climatique.
9
Urbanisation - Selon une étude des Nations Unies réalisée en 2011, près des deux tiers de la population mondiale vivront dans les villes d'ici 2030, exerçant une pression sur les infrastructures et les ressources, en particulier l'énergie.

Ces mégatendances illustrent à quelle vitesse notre monde complexe change. Notre interconnexion signifie que les problèmes doivent être traités de manière systémique, plutôt que de relever un défi à la fois. Il est également évident que les gouvernements ne peuvent résoudre tous les problèmes par eux-mêmes. Ils ont besoin de la contribution et de la participation de tous - et le secteur privé est le premier contributeur potentiel, compte tenu de ses ressources financières, de sa vaste innovation, de sa capacité de mettre à l’échelle et de reproduire, ainsi que de son unique capacité à favoriser la croissance économique. Le secteur privé doit non seulement être en mesure de contribuer et de participer, mais il doit également atténuer, influencer et tirer parti de ces mégatendances mondiales pour accroître l'innovation, la différenciation et la compétitivité. Il doit aussi s'impliquer car il a besoin des communautés saines et prospères pour devenir des consommateurs passionnés et des employés engagés.

Il n'a jamais été aussi crucial pour les entreprises de trouver des moyens de relever les défis sociétaux à travers leurs modèles économiques et d'utiliser leurs ressources pour devancer la courbe des mégatendances en collaborant avec les gouvernements et les ONG dans des projets de partenariat qui comblent le fossé des inégalités. Comme l'a fait William Barclay Peat il y a plus d'un siècle, ils découvriront probablement que des valeurs morales solides mènent à de profits corporatifs solides.

Lucie Bourgeois - Éditrice, Stimulus
Présidente fondatrice d'Umalia

Le Conference Board du Canada prévoit que des « forces dominantes» menaceront les entreprises d'ici 2030
Photo : iStock.com Le changement climatique est l'une des grandes tendances qui devraient perturber les pratiques commerciales au Canada d'ici 2030.

Le changement climatique, avec ses pénuries d'eau, les feux de forêt intenses et les inondations, est l'une des forces qui perturberont les pratiques commerciales au Canada d'ici 2030, selon un rapport en instance du Conference Board du Canada (CBOC).

Le rapport, intitulé Canada 2030 : Les forces qui perturbent les entreprises, identifie 30 tendances «de grande envergure» auxquelles les entreprises du Canada devront répondre si elles espèrent réussir dans des circonstances instables et changeantes.

Donnant un aperçu du rapport qui sera publié très prochainement, Sally Crane, associée principale de recherche pour la responsabilité sociale et le développement durable au CBOC, a confié à Stimulus que le changement climatique aura des « répercussions importantes » pour le Canada d'ici 2030. « Le Canada risque de subir des feux de forêt plus fréquents et plus intenses, une mortalité liée à la chaleur et des dommages accrus causés par les inondations fluviales et côtières, tandis que les propriétés des zones les plus inondables risquent de devenir inassurables ».

Le Canada est inscrit, par le Pacific Institute, un groupe de réflexion américain à but non lucratif sur la conservation de l'eau, parmi les cinq premiers pays au monde en termes d'approvisionnement en eau douce. En ordre décroissant des réserves sont le Brésil, la Russie, les États-Unis, le Canada et la Chine, selon un rapport de janvier 2015 de l'institut.

Mais John Pomeroy, professeur émérite et directeur du Global Water Futures Program de l'Université de la Saskatchewan, écrit dans un article paru en février 2018 dans le magazine Maclean's que les changements climatiques ont déjà touché des millions de Canadiens avec des sécheresses record dans le sud des Prairies, des incendies en Colombie-Britannique et des inondations sans précédent dans la région des Grands Lacs, bassin du St Laurent.

De plus, les conditions météorologiques irrégulières qui ont une incidence sur l'approvisionnement en eau douce du Canada causeront encore plus de dégâts d'ici 2030, d'après madame Crane du CBOC. «Sans un accès adéquat à l'eau douce, les chaînes d'approvisionnement pourraient être perturbées, les industries fermées et la croissance des entreprises limitée», dit-elle. "En outre, les récoltes pourraient échouer, les écosystèmes pourraient être détruits, la santé pourrait s'aggraver et les conflits mondiaux pourraient devenir plus fréquents."

Le rapport complet du CBOC sur les forces perturbatrices – vu sous l'angle de leur impact sur « les gens, la planète, la performance » – sera disponible sur le site Web du CBOC à www.conferenceboard.ca.

Exemple de réussite d’un client: Quadra Chemicals étend son impact

La relation des employés d’une entreprise et de ses fournisseurs en dit beaucoup sur l’entreprise. À en juger par ces critères, ainsi que par sa croissance impressionnante et son succès financier depuis sa création en 1976, Quadra Chemicals Ltd. est reconnue comme un leader de l'industrie canadienne de la distribution de produits chimiques et dérivés. Quadra fait partie des 100 meilleurs distributeurs de produits chimiques en Amérique du Nord, fournissant des produits pour la nourriture, la santé humaine, les soins personnels, le pétrole et le gaz, l'exploitation minière, l'agriculture, les pâtes et papiers, le traitement de l'eau ainsi que des adhésifs ultra-performants et des spécialités.

Depuis 2003, Quadra est reconnue comme l'une des sociétés les mieux gérées au Canada. Elle conserve son statut de membre Platine depuis 2010 et est certifiée Great Place to Work. Quadra a remporté la médaille argent du prix du mieux-être 2017 décerné par les employeurs canadiens les plus sûrs. En novembre 2017, Tony Infilise, président et chef de la direction, a remporté le prix EY Entrepreneur de l'année pour la région du Québec dans la catégorie Fabrication et distribution. Leur dernier honneur obtenu consiste à avoir été reconnu comme l’un des meilleurs endroits où travailler au Canada par l'institut Great Place To Work®.

Basé à Vaudreuil-Dorion, au Québec, à environ 50 km à l'ouest de Montréal, Quadra emploie 345 personnes dans des succursales situées partout au Canada. Certains employés y travaillent depuis sa création; beaucoup d'autres ont été membres du personnel pendant des décennies et, dans quelques cas, d'autres y sont revenus après être partis. « Cela dit vraiment quelque chose à propos de nous, » dit Tony. « Nous apprécions vraiment nos employés qui, à leur tour, sentent qu'ils font partie d'une équipe et font partie d'une famille. »

Les valeurs sociales de l'entreprise, notamment les engagements envers la dignité, la sécurité, le bien-être, l'intégrité et les pratiques éthiques s'étendent aux initiatives d'engagement communautaire et ont été la pierre angulaire de l'entreprise.

Quadra est fière de soutenir une quarantaine d'organismes de bienfaisance à travers le Canada, et chaque établissement de Quadra a un comité d'employés bénévoles qui a le pouvoir de soutenir les organisations locales, financièrement ou par le biais du bénévolat. Les pratiques commerciales de Quadra s’inscrivent dans la durabilité et la « chimie verte ».

Photo : iStock.com Pour atteindre un impact maximal, Umalia a aligné le programme aux intérêts locaux existants, en l'ancrant dans un cadre de collaboration national et un thème annuel commun.

C'est à travers ce prisme de la durabilité et en redonnant à la communauté qu'Umalia a été approchée par Quadra pour concevoir son programme de bénévolat des employés. Environ 98% des employés interrogés par Umalia ont indiqué qu'ils étaient intéressés ou potentiellement intéressés à donner volontairement leur temps à des causes locales, et 66% étaient déjà des bénévoles en dehors du travail. Des entretiens individuels et des ateliers ont également été réalisés par Umalia, en collaboration avec les employés de Quadra, pour concevoir le programme.

Pour atteindre un impact maximal, Umalia a aligné le programme aux intérêts locaux existants, en l'ancrant dans un cadre de collaboration national et un thème annuel commun. Ils ont adopté une approche ascendante (bottom-up), où les employés identifient les intérêts locaux et s'alignent sur les éléments de base du programme pour créer le contenu de leur propre programme local de bénévolat des employés.

Le programme vise à organiser une journée par an de bénévolat répartie sur deux jours, afin de ne pas nuire aux activités de l'entreprise. La participation est encouragée non seulement par les employés, mais aussi par les retraités et les partenaires externes.

Les individus sont encouragés à former des équipes axées sur le renforcement des capacités des organismes à but non lucratif afin de focaliser sur un impact durable.

Le programme a mis à profit l'incroyable engagement du personnel de Quadra. Leur vision est de faire progresser la santé et le bien-être des communautés vulnérables, et d'ici 2020, il vise à être un leader reconnu en matière de sécurité et de durabilité, avec un impact positif significatif dans leurs communautés locales.

Comme Quadra le dit de son système de valeurs fondamentales: « Nous ne pourrions le faire sans notre groupe d'employés dévoués, attentionnés et motivés – merci à toute l'équipe. »

Principaux conseils pour la RSE : Avez-vous des opportunités de RSE ? Le moment peut être opportun pour agir !

Lors du souper du 5ème anniversaire d'Umalia, une de nos invités a défié les autres autour de la table avec ses observations sur ce qui entrave la mise en œuvre de changements sociaux et environnementaux positifs dans les entreprises. Elle a noté que les cadres supérieurs considèrent souvent leurs employés comme n'étant pas prêts à effectuer des changements, alors que les employés considèrent les consommateurs comme n'étant pas prêts et que les consommateurs, à leur tour, attendent que les entreprises prennent des mesures.

Qui, en réalité, n'est pas prêt, et qu'est-ce que cela peut entrainer ?

Umalia suggère que le temps de mise en œuvre des initiatives de responsabilité sociale et de développement durable pourrait être plus proche que vous ne le pensez. Plus que jamais, les parties prenantes sont avisées et conscientes des avantages. Avec nos clients, nous avons vu que des sondages d'opinion envoyés à un échantillon de parties prenantes aident à vérifier cela. Une telle enquête peut aider à :

  • mesurer l'intérêt;
  • identifier quelles parties prenantes sont prêtes à s'engager;
  • mobiliser les engagements des parties prenantes.

Avec l’un de nos clients, un sondage visant simplement à mesurer le niveau d'intérêt a permis à 17 % des répondants de participer activement à la conception et à la mise en œuvre d'un programme de bénévolat des employés. Le sondage a créé une vague d'enthousiasme dans l'ensemble de l'organisation. Alors soyez prêts ! Le moment de lancer des opportunités pourrait être maintenant !

Photo : Umalia
Pleins feux sur Corinne Adam Rencontrez un membre clé de l'équipe d'Umalia

Notre relation avec Corinne Adam est un exemple de la manière dont Umalia mobilise des partenaires stratégiques issus de multiples disciplines liées à la responsabilité sociale et à la durabilité afin de fournir aux clients des solutions de pointe créant un impact sociétal dans le cadre d'une stratégie commerciale réussie.

Au cours des 25 dernières années, Corinne a travaillé dans les domaines de la communication, de la responsabilité sociale des entreprises (RSE), des normes du travail et de la surveillance, de l'aide humanitaire, de l'approvisionnement éthique et de l'engagement des parties prenantes. Elle a acquis une vaste expérience en travaillant avec des entités corporatives, le secteur sans but lucratif et des organisations internationales en Amérique du Nord, en Europe et en Amérique latine.

Native de France, Corinne parle couramment le français, l'anglais et l'espagnol. Elle est titulaire d'un diplôme de premier cycle en droit ainsi que d'une maîtrise en responsabilité sociale des entreprises et en sciences politiques. Elle est également experte en évaluation des équivalences avec le Global Social Compliance Program, un programme axé sur les affaires, qui développe les meilleures pratiques pour la gestion durable de la chaîne d'approvisionnement. En plus de ses vastes connaissances sur les chaînes d'approvisionnement, Corinne possède une expertise avérée en matière de normes internationales et de conformité sociale, ainsi qu'un savoir-faire sectoriel clé dans les industries du vêtement et de l'agriculture.

Tout au long de sa carrière, Corinne a démontré une approche pragmatique et axée sur les résultats qui crée des solutions durables. Travaillant dans plusieurs pays sur tous les continents, elle a développé un excellent réseau et une solide compréhension des situations de crise et des organisations.

Corinne a déménagé au Canada en 2006 pour travailler comme directrice et vice-présidente à la RSE chez Gildan Activewear. Ici, elle a bâti et dirigé une transformation interne pour promouvoir une culture de conformité et de responsabilité sociale et environnementale. Depuis lors, en plus de collaborer avec Umalia sur plusieurs mandats, elle a travaillé avec de grandes marques, leurs fournisseurs et leurs concédants de licence, ainsi qu'avec des investisseurs et des parties prenantes mondiales, telles que la Banque Interaméricaine de Développement et l'Organisation Internationale du Travail à développer des chaînes d'approvisionnement durables qui respectent les meilleures pratiques en matière de droits de l'homme et d'environnement tout en répondant aux objectifs de l'entreprise.

Vous pourriez également être intéressé de savoir que malgré son éthique de travail et son dévouement professionnel, Corinne a un grand sens de l'humour et est une personne qui accorde une grande importance au développement de relations étroites avec ses collègues!

AU POINT
Actualités du projet d'Umalia au Bénin Une subvention du gouvernement du Québec soutient la lutte contre le changement climatique
PHOTO : Umalia Lucie Bourgeois, Présidente d'Umalia (robe à pois), entourée des membres de son équipe locale et du comité de pilotage présentant les détails du projet Climat'Eau aux populations de Sô-Ava en novembre 2017.

Avec une subvention de 771 715 $ du Fonds vert à travers le Programme de Coopération Climatique Internationale, la première mission pour une initiative majeure de lutte contre le changement climatique dans la communauté de Sô-Ava a été officiellement lancée au Bénin, pays de l’Afrique de l’ouest durant les deux mois précédant Noël 2017, incluant une couverture médiatique locale complète.

Le projet de trois ans, géré par l’entreprise montréalaise Umalia, est réalisé en partenariat avec Technologies Ecofixe, une entreprise québécoise spécialisée dans le traitement biologique des eaux usées, et avec la participation de l'Université Laval, chargée de la recherche, d'évaluation et de consultation. Le Conseil Communal et le Collectif des Organisations de la Société Civile locale (représentant plus de 60 ONG locales) sont également des partenaires importants.

Les quatre piliers du projet :

  1. Sensibiliser les populations locales afin de contribuer, par un changement de comportement, à améliorer la résilience de la population locale face aux changements climatiques.
  2. Contribuer à assainir l'eau de la rivière Sô en appliquant l'expertise d'Ecofixe en matière de qualité de l'eau, et ajouter des panneaux solaires pour l'électricité supplémentaire, améliorant ainsi la qualité de vie dans les villages et les écoles environnantes. Planter des arbres pour réduire l'érosion, améliorer la qualité de l'eau et atténuer les effets futurs des changements climatiques.
  3. Démarrer l’implantation d'un écosystème d'entreprises vertes avec le soutien de l'Université Laval en évaluant son potentiel, y compris l'identification de la chaîne de valeur et la cartographie des écosystèmes.
  4. Mener une recherche sur la gouvernance locale autour du changement climatique en examinant comment un modèle de gouvernance décentralisée influence la capacité des populations locales à s'adapter au changement climatique.
PHOTO : Umalia Dignitaires et membres de l'équipe présents au lancement officiel du projet Climat'Eau à Sô-Ava, en novembre 2017 : (de gauche à droite): Aurèle Ayitchedji, gestionnaire de projet pour Climat'Eau; Mario Carrier, professeur, Université Laval; Brigitte Bonou, présidente, Collectif des organismes de la Société civile; Eustache Kotingan, Premier Vice-Président, Conseil du Patronat du Bénin; Marisol Labrecque, Présidente, Technologies Ecofixe; Gaston Cossi Dossouhoui, ministre de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche; Lucie Bourgeois, Présidente, Umalia; Antoine Labrecque, Technicien, Technologies Ecofixe; Kouakanou Bonaventure, Directeur de cabinet; Assogba-Komlan Françoise, Secrétaire générale du ministère; et Aguemon Dossa, directeur de la programmation et de la prospective.

Sô-Ava, une communauté de plus de 120 000 habitants, vit principalement sans électricité dans des maisons sur pilotis situées sur le lac Nokoué, qui favorise le transport, la pêche, l’élevage et la consommation humaine. En plus des problèmes sociaux prédominants, tels que les faibles taux d'éducation et la forte croissance démographique, le niveau d'assainissement du lac Nokoué est également préoccupant.

Intitulé « Climat'Eau Sô-Ava: Action locale - Changement mondial », le projet a vu sa première mission s’effectuer en novembre et en décembre 2017, laquelle a permis de recruter une équipe locale de six personnes pour mener des activités sur le terrain et de rencontrer toutes les parties prenantes, y compris les populations locales, le maire, le ministre de l'agriculture du Bénin et d'autres dignitaires, lesquels ont tous assisté aux cérémonies de lancement. Plus d'un millier de personnes ont participé à cette première phase de sensibilisation et de mobilisation des communautés locales très intéressées et qui ont posé des questions pertinentes de compréhension du projet. Le lancement a été largement couvert par la radio locale, les chaines de télévision et des organes de presse écrite.

Notre principal constat a été le soutien dont bénéficie le projet au niveau national, avec un intérêt venant de tous les secteurs, y compris les entrepreneurs et les différents niveaux de gouvernement. La notoriété du projet au Bénin est une prise de conscience que si le secteur privé s'implique dans de tels développements d'infrastructures vertes, il peut également partager ses avantages économiques futurs.

La phase de lancement a été utilisée, en partie, pour déterminer où les systèmes de traitement de l'eau d'Ecofixe devaient être installés et pour prendre des mesures, sachant que les installations devaient commencer en mai 2018. L'Université Laval a prévu également mettre en place le protocole de recherche, la méthodologie et l’approbation du comité d’éthique en mai 2018.

Umalia est reconnaissante envers le gouvernement du Québec pour sa généreuse contribution. Leur implication, et le partenariat Bénin, conçu dans une optique de valeur partagée, démontre que toute organisation – quels que soit son secteur ou sa taille – peut collaborer pour traiter un enjeu social, environnemental ou économique à travers son modèle organisationnel ou d’affaires.

Nous vous tiendrons au courant au fur et à mesure que le projet progresse!

Rencontrez l'auteur Neil Gaught assiste au souper d'anniversaire d'Umalia
Photo : courtoisie de Neil Gaught un expert pour aider les entreprises, les gouvernements et les ONG à se positionner pour l'avenir.

Neil Gaught, auteur de CORE: Comment une idée maîtresse peut améliorer durablement les choses, a été parmi les 25 dirigeants qui ont assisté au dîner du 5e anniversaire d'Umalia en octobre 2017.

Publié en juillet 2017, le livre a déjà été édité à deux reprises et suscite des critiques élogieuses pour son auteur britannique en tant que guide pratique pour les entreprises cherchant à établir un objectif fondamental qui créera un changement social positif tout en renforçant les résultats financiers.

Parmi la pléthore de critiques remarquables sur Amazon sont ces mots de Rachel Brown, fondateur et PDG de Sustainable Business Network, Nouvelle-Zélande: «L’emphase a été mise sur les raisons pour lesquelles les entreprises ont besoin de développer un objectif social mais très peu de précisions sur la façon de s’y prendre. Subtilement, Neil le fait dans ce livre – une recommandation pour toute entreprise qui veut créer un changement social."

En effet, le dîner du 5ème anniversaire d'Umalia avait pour objectif de rassembler un groupe de 25 dirigeants issus de tous les secteurs: privé (grandes banques, fabricants de vêtements, détaillants, investissements, assurances, conseil, technologie, alimentation et agriculture), des organisations à but non lucratif (fondations, ONG), des médias et des universités – pour faciliter une discussion sans restriction sur le rôle du secteur privé dans la société et comment une idée maîtresse peut, en fait, changer les choses pour de bon.

Graphique : courtoisie de Neil Gaught

Neil souligne qu’au cœur des entreprises les plus admirées au monde réside une puissante idée maîtresse. Ces organisations offrent des avantages, économiques et sociaux durables; ils unissent les gens, attirent les investissements, inspirent l'innovation, ouvrent de nouvelles voies d'efficience et jouissent d'une bonne réputation.

Ces entreprises sont admirées, mais elles restent une rare espèce. Bien que le vent du changement suscite l'intérêt des chefs d'entreprise, la plupart sont toujours pris au piège de leurs marques et d'une approche de la responsabilité sociale des entreprises en décalage avec une société connectée, qui s’interroge de plus en plus sur «qui» sont réellement ces entreprises et sur ce qui les motive.

Le livre de Neil, CORE, a été présélectionné pour les Best Business Book Awards 2018 dans la catégorie Engaging Change. Ceux qui souhaitent en savoir plus sur Neil peuvent visiter www.neilgaught.com ou lui envoyer un courriel à neil@neilgaught.com.

Les laboratoires d'innovation stimulent les opportunités de croissance et de différenciation des entreprises Graphique : istockphoto.com

Le Conference Board du Canada et Umalia ont lancé un projet collaboratif appelé Innovation Lab, réunissant des dirigeants de grandes entreprises canadiennes pour discuter de la façon dont la responsabilité sociale des entreprises et la durabilité peuvent être utilisées comme leviers d'innovation pour rendre les entreprises plus compétitives et prospères.

À la suite du premier laboratoire de ce genre tenu à Toronto en mai 2017, certaines entreprises participantes ont déjà pris des mesures pour intégrer dans leurs plans d'activités stratégiques les principes fondamentaux du laboratoire, soit créer un avantage concurrentiel et une différenciation à la lumière de la RSE et de la durabilité.

Les entreprises présentes étaient Rogers Communications, Intact Financial, CPA Canada, le CN, KPMG, Fiera Capital et The Co-Operators. Hébergé par KPMG, le premier laboratoire a été conçu par Umalia et co-animé avec le Conference Board du Canada, soutenu par un réseau de facilitateurs provenant d'organisations axées sur le développement durable.

Entre deux et quatre dirigeants de chaque entreprise - représentant différentes disciplines au sein de leurs organisations - ont été invités à assister au laboratoire afin de recueillir une diversité de perspectives. Des discussions ont eu lieu sur les mégatendances mondiales et canadiennes ayant une incidence sur les entreprises et la société, le rôle de l'innovation sociale et des organismes sans but lucratif, et la puissance des collaborations multisectorielles conçues dans une perspective de valeur partagée.

La deuxième partie du laboratoire a permis aux cadres de concevoir une méthodologie leur permettant de mettre en place des initiatives et des stratégies propres à l'entreprise afin de cibler l'impact simultané des activités et de la société.

Suite aux ateliers, les dirigeants sont retournés dans leurs organisations respectives afin de stimuler la discussion avec leurs équipes de direction, dans la perspective de mettre en œuvre ces concepts visant à créer un impact commercial et sociétal.

Suite aux sessions, Umalia et le Conference Board du Canada font un suivi auprès des participants au laboratoire six semaines puis six mois plus tard, offrant un soutien, au besoin, pour que ces concepts deviennent réalité.

Les laboratoires et les consultations subséquentes sont un excellent exemple de la façon dont un écosystème fort peut réellement stimuler la collaboration et l'innovation.

Des représentants du Port de Vancouver, de la British Columbia Lottery Corporation, du Centre for Social Innovation et de Telus Corporation ont participé à un deuxième laboratoire d'innovation tenu à Vancouver en février 2018. La séance a eu lieu au Centre d'innovation de Telus, où les startups, les développeurs, les étudiants et les innovateurs peuvent échanger des idées, recueillir des points de vue différents, acquérir des connaissances et expérimenter les dernières technologies. Telus encourage la participation multisectorielle à son centre d'innovation, y compris par ses concurrents.

Le Centre «est un véritable témoignage de ce que les entreprises peuvent réaliser lorsqu'elles sont ouvertes à l'innovation et à la collaboration avec d'autres organisations dans tous les secteurs», déclare Lucie Bourgeois, présidente d'Umalia.

Un troisième Innovation Lab est prévu à Montréal à l'automne 2018. Surveillez notre bulletin d'information pour savoir comment ces laboratoires créent les bases de la différenciation, des opportunités et de la croissance des entreprises basées sur la RSE et la durabilité.

Actualité d’Umalia!
Photo : Christian-José Surpris-Aho Avec la toile de fond montréalaise, Lucie Bourgeois se tient debout en tête de table - l'écrivain et expert Neil Gaught assis à sa gauche - alors qu'elle accueille les invités au souper du 5e anniversaire d'Umalia en octobre 2017.
Nourriture, bonne ambiance et discussions marquent le souper du 5e anniversaire

Umalia a célébré son 5ème anniversaire en octobre 2017 en organisant un souper pour 25 chefs d'entreprise, chercheurs et universitaires distingués, de multiples secteurs, qui ont été invités à partager leurs réflexions sur la manière dont le secteur privé peut agir pour créer simultanément des changements sociaux et environnementaux positifs.

Tous les participants ont unanimement reconnu que les entreprises ne peuvent plus simplement être à la recherche de profits; que l'ancien modèle fondé sur le «profit» comme seule motivation pour les affaires était révolu.

Trois quarts environ des 25 participants représentaient un large éventail d'entreprises privées allant des grandes banques, des fabricants de vêtements, des détaillants, des investisseurs et des assureurs aux consultants, technologues, ainsi que des spécialistes de l'alimentation et de l'agriculture. Les 25% restants provenaient du secteur à but non lucratif (fondations et ONG), ainsi que des médias et des universités.

Une excellente cuisine et une ambiance charmante dans un restaurant raffiné surplombant la ville de Montréal ont offert un cadre idéal aux participants qui se livraient à une discussion à cœur ouvert sur le rôle du secteur privé dans la société.

Où sommes-nous? Où devrait-on aller? Comment pouvons-nous y arriver? Comme l'a expliqué un participant: « Il y a un train qui avance et nous sommes tous des passagers volontaires. Tous ouverts et passionnés. Mais nous ne savons pas où va le train ni comment il va y arriver. »

Les leaders d'affaires ont été unanimes pour affirmer que les employés recherchent maintenant un but qui va bien au-delà de leurs chèques de paie: ils veulent savoir que ce qu'ils font dans leur travail a de l'importance, en terme de pertinence pour la société. Ils ont également convenu que la mise en œuvre de politiques fondées sur la responsabilité sociale assure une fidélisation de la clientèle.

Mais la question que se posaient certains était de savoir si une analyse de rentabilité pouvait être faite pour consacrer plus d'argent à la mise en œuvre de politiques sociales positives qui font appel aux instincts moraux supérieurs des clients. En d'autres termes, le public paierait-il plus pour un produit "responsable"?

... une conscience sociale, en soi, ne suffit pas à garder les clients. La qualité du produit doit être équivalente...

Bien que les initiatives de RSE et de durabilité demeurent des stratégies intégrales pour se démarquer et que des sondages indiquent que la moitié des consommateurs sont prêts à payer 10% de plus pour un produit responsable, la Présidente d'Umalia, Lucie Bourgeois, souligne une mise en garde très importante : que le produit lui-même doit être au moins équivalent – sinon mieux - que n'importe quel autre sur le marché pour gagner des parts de marché.

En d'autres termes, une conscience sociale, en soi, ne suffit pas à garder les clients. La qualité du produit doit être équivalente à celle des compétiteurs et essayer de gagner des parts de marché avec un prix bas n'est pas compatible avec des valeurs sociétales positives.

Alors que la plupart des leaders d'affaires présents ont indiqué qu'ils seraient des passagers volontaires dans ce ‘train de la mission sociale’, ils ont conclu qu'il n'y a pas une seule voie pour y arriver et qu'ils ont besoin de partager les expériences des autres pour comprendre ce qui fonctionnerait le mieux dans leur propre entreprise.

Ils font partie des 10 à 15% des leaders d'affaires que l’on qualifierait d’adopteurs précoces », prêts à s'engager dès maintenant. Au fur et à mesure qu'ils évolueront en tant qu'acteurs influents de la société, ils pourront ouvrir la voie à d'autres leaders intéressés à explorer ce chemin.

En bout de ligne, tous les participants ont convenu que le temps presse en raison des tendances technologiques rapides et mondiales qui exigent plus de transparence et de partage des ressources du monde avec ceux dans le besoin.

Connectez-vous ici pour visionner une vidéo en français avec des sous-titres en anglais du souper Umalia d'octobre 2017 avec les chefs d'entreprise: https://www.youtube.com/watch?v=j4e_uBL6_2g&t=19s

Lisez un article (en Anglais) sur LinkedIn à ce sujet: Getting closer to the Purpose Tipping Point: The power of uniting multisector innovative leaders